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Cadre légal

Les randonnées parisiennes ne sont pas des « manifestations » au sens premier du terme. Depuis 1998, un arrêté préfectoral existe afin de cadrer le déplacement des cortèges de roller, pour les randonnées du vendredi soir et du dimanche.
Ainsi, Pari Roller se rend chaque semaine dans les locaux de la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation afin de valider, avec les forces de l’ordre, l’itinéraire de la semaine. Le document officiel, sous en-tête de la Préfecture de Police, est intitulé « Organisation d’une Randonnée en Patins à Roulettes ‘Rollers’ ».
Dans ce cadre, la randonnée est prioritaire sur les feux tricolores et la circulation (des motards de la police ouvrent la voie). Seuls les véhicules d’urgences sont autorisés à traverser le cortège.

L’arrêté préfectoral : Toute l’histoire.

Le 3 Juillet 2000, la Préfecture de Police de Paris publie un arrêté définissant le cadre juridique des randonnées en rollers à Paris. Les associations Pari Roller (les randos du vendredi soir) et Rollers & Coquillages (les randos du dimanche après-midi), ont toujours déclaré que même si le principe d’un arrêté n’était pas mis en cause, elles n’étaient pas décidées à laisser appliquer certaines clauses dudit arrêté.

Le conflit va durer 1 mois.

Bonne lecture et merci encore à tous ceux qui nous ont soutenus par mail (nous n’avons pas pu répondre à tout le monde) ou aidés dans cette période de crise.

Les acteurs – Le débat

Depuis octobre 1998, les associations se rendent chaque semaine dans les locaux de la Préfecture de Police de Paris afin de s’entendre avec les autorités sur l’itinéraire choisi de la semaine. Aucun cadre juridique précis n’existant pour décrire les randonnées, c’est bien une « déclaration de manifestation » (du type mouvement social revendicatif) que signent les Présidents d’associations.

Dans le but de donner un cadre plus adapté à ces pratiques populaires, festives et non revendicatives, Préfecture de Police et associations se disent toutes partantes pour mettre au point un Arrêté Préfectoral définissant plus précisément la pratique des randonnées en rollers à Paris.

C’est donc sans surprise que Pari Roller et Rollers & Coquillages reçoivent le 19 juin 2000 une convocation à se rendre à la Préfecture de Police afin de participer à une réunion présidée par M. LAFLAQUIERE, Directeur Adjoint du Cabinet du Préfet. Les associations découvrent alors les termes de la première version de l’arrêté préfectoral.

Lors de cette première réunion, nombre de points d’importance relativement mineure sont soulevés, et des solutions sont trouvées rapidement, par des affinements dans la rédaction des articles litigieux. Cependant, la Préfecture refuse d’entendre les arguments et inquiétudes des associations au sujet de l’établissement de 4 parcours fixes, imposés aux associations et non modifiables. De plus, les associations attendent des autorités la confirmation écrite qu’elles ne seront pas tenues de rembourser à l’État les frais de la mise en place des services de police. A la fin de l’entretien, la Préfecture reste sur ses positions, les associations également : elles prononcent clairement leur désaccord avec l’article 3 de l’arrêté préfectoral concernant la réglementation des parcours.

Nous recevrons pourtant, le 3 juillet 2000, une lettre signée de Monsieur le Préfet de Police de Paris, Philippe MASSONI (Voir la copie de cette lettre en cliquant ici), précisant la prochaine parution de l’arrêté au Bulletin Municipal Officiel de la Ville de Paris.

Le 28 juin 2000, une deuxième réunion est demandée par la Préfecture. Cette fois, elle est présidée par M. Michel DELPUECH, Préfet et Directeur du Cabinet du Préfet. Pour cette affaire, il possède le même pouvoir décisionnel que le Préfet de Police.

Les différents petits points abordés lors de la première réunion ont été effectivement re-rédigés, et satisfont les deux parties.
Les problèmes principaux (les parcours fixes et le paiement des services de police) restent globalement sans avancée majeure.
Cliquez ici pour lire le compte rendu officiel (très objectif, il faut le signaler) de cette réunion par la Préfecture de Police.

Le 30 juin, Pari Roller et Rollers & Coquillages proposent à la Préfecture des itinéraires différents de ceux imposés par l’arrêté. Ce dernier n’étant pas encore publié, nos parcours sont acceptés sans modifications et nous signons, comme nous le faisons depuis plus de 2 ans, des déclarations de manifestations standard.
Les randonnées du 7 et du 9 juillet 2000 sont annulées pour cause de mauvais temps. Les parcours avaient cependant été acceptés par les autorités.

Le bras de fer

Dans la semaine du 10 juillet, les associations font parvenir une déclaration officielle à la Préfecture de Police avec copie à l’Agence France Presse, et se rendent comme à leur habitude dans les locaux de la Préfecture de Police (Ile de la Cité) afin d’y ratifier les parcours qu’elles ont fait parvenir par fax la veille aux autorités.
Comme la Préfecture l’avait laissé supposer, les parcours sont refusés : l’arrêté préfectoral du 3 juillet vient d’entrer en vigueur. La Préfecture nous demande de signer un Procès-Verbal de Notification, feuillet attestant que les associations ont bien pris connaissance de l’arrêté.

Les bases sont donc maintenant clairement posées par la Préfecture : l’arrêté entre en vigueur et les négociations sont terminées.

Pari Roller réagit le soir même en plaçant sur son site un texte résumant la situation et appelant les patineurs à se mobiliser, principalement en restant à l’écoute de l’évolution du conflit.

Les parcours sont refusés par la Préfecture mais les associations décident de ne pas encore annuler officiellement leurs randonnées : nous laissons la possibilité à la Préfecture de nous autoriser à rouler jusqu’à la dernière minute. Nous n’annulerons qu’au dernier moment.

Le 14 juillet 2000, 211 années exactement après la Révolution Française, le mouvement libertaire et populaire par excellence de Pari Roller est finalement annulé par le Président de l’association et se sont 2500 patineurs qui partent en randonnée sauvage, sans encadrement, sans sécurité, sans parcours prédéfini.
La situation est analogue le dimanche 16 juillet chez Rollers & Coquillages.
C’était un week-end prolongé, et un vendredi de fête nationale, nombre de patineurs ont pensé que c’était là la cause officielle de l’annulation, comme la presse l’avait laissé entendre.

Le 21 juillet 2000, la situation est exactement la même, à ceci près que ce ne sont pas moins de 15000 personnes qui sont présentes sur l’esplanade de la Place d’Italie, et qui de plus, ont eu une semaine pour s’informer du problème sur le site de Pari Roller.
Cette dernière n’a toujours pas d’autorisation pour le parcours qu’elle a proposé et qui bien évidemment est très différent de tous ceux imposés par l’arrêté.

A 22h00, la Préfecture de Police n’ayant toujours par donné son aval, le Président de Pari Roller prononce, depuis le tout nouveau camion de l’association, un discours écrit la veille. Afin de s’assurer que ses propos ne seront pas interprétés ni falsifiés, un huissier est présent à ses côtés pour établir que le texte aura bien été prononcé, sans ajout ni retrait.

Dès la fin du discours, le Président de Pari Roller demande au Staff de retirer les T-shirts afin qu’il ne subsiste aucune interrogation sur la position de Pari Roller : pas d’encadrement ce soir.

L’amendement & l’arrêté

Dès le lendemain matin (samedi 22 juillet 2000), la Préfecture convoque les associations pour une réunion d’urgence.
En effet, les services de police ont eu affaire la veille au soir à un mouvement de patineurs totalement incontrôlé et incontrôlable sur la voie publique. Parties de cache-cache avec les motards, impossibilité totale pour les autorités de recréer un encadrement minimum, cortège scindé en 2 puis en 3, passage sur les Champs-Élysée, sit-in Place de l’Étoile, circulation des personnes entre les voitures, problèmes de sécurité majeurs.
Suite à ces constatations, mais aussi sans doute du fait de la proximité du passage du Tour de France – Place de la Bastille, prévu quelques minutes avant le départ de la traditionnelle randonnée dominicale, la Préfecture de Police nous propose un amendement à l’arrêté préfectoral.

Les associations s’estiment plutôt satisfaites mais réservent cependant leurs réponse et attitude définitive pour le début de la semaine suivante. En effet, nous estimons que le texte de l’amendement n’offre pas toutes les garanties de liberté des parcours car il laisse supposer que le principe de proposer des itinéraires libres (hors arrêté) garde un caractère exceptionnel.
Nous faisons donc parvenir ce texte aux autorités afin qu’il soit précisé que les parcours décrits dans l’arrêté sont proposés « à titre d’exemple ».

Le texte en lien ici est placé sur le site de Pari Roller pour informer les patineurs et comme à leur habitude, les services de la Préfecture de Police nous font parvenir le compte rendu, toujours aussi objectif, honneur leur soit rendu, de cette réunion quelques jours plus tard.

Dans la semaine du 24 juillet 2000, il devient clair pour tous que le conflit touche à sa fin.
Dans la semaine qui suit, après un rendez-vous annulé pour cause de crash du Concorde, les points d’achoppement se résolvent l’un après l’autre.
Un courrier parvient au siège de Pari Roller : il nous confirme clairement que les frais de police ne sont effectivement pas à notre charge.
Une dernière réunion se tient à la Préfecture de Police, présidée encore une fois par M. DELPUECH, Préfet et Directeur de Cabinet du Préfet de Police : après quelques minutes de discussions et dernières mises au point, les associations rassurées par M. DELPUECH, déclarent que le texte de l’arrêté leur convient entièrement et par conséquence, que le « conflit » est terminé.
La discussion s’ouvre même sur le débat très intéressant sur la place du roller dans la ville ; la Préfecture réaffirme sa volonté de travailler avec les associations sur ce problème également.
Quelques jours plus tard, Pari Roller reçoit le compte rendu de cette dernière réunion.

Depuis début août, les randonnées se déroulent comme à leur habitude.
Grâce à des efforts communs de compréhension du problème par les associations et la Préfecture de Police de Paris, la vie des randonnées parisiennes est assurée, dans sa philosophie et son éthique, comme au premier jour.

 

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Boris BELOHLAVEK
Fondateur

 

 

 


 

 

A lire :

- La présentation de l’arrêté préfectoral par la préfecture
- L’intégralité de l’arrêté préfectoral (première proposition avant réaction des associations)
- Le compte-rendu de la réunion de concertation avec la préfecture après la randonnée sauvage

Le dénouement heureux de cette phase de négociations a marqué un réel tournant dans la vie de Pari Roller. Nous concentrons depuis nos énergies au développement de la randonnée en toute quiétude…

 

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